À retenir
- Le nom est littéral. Mostraumen est un rétrécissement où la marée est forcée à travers une brèche et devient un cours d'eau visible qui s'écoule.
- La croisière remonte l'Osterfjord pendant une heure et demie pour l'atteindre, fait demi-tour dans le détroit et revient.
- Le fjord se rétrécit régulièrement à l'approche, donc l'arrivée au détroit est le point culminant du trajet aller.
- Un capitaine lit la marée avant de faire le passage, c'est pourquoi l'approche est délibérée plutôt que désinvolte.
Ce que le nom vous dit
Les noms de lieux norvégiens tendent à décrire plutôt qu'à commémorer, et celui-ci est une simple déclaration de fait. Straum est un courant, et Mostraumen est le courant de Mo. Personne ne l'a nommé d'après une personne ou un événement ; on l'a nommé d'après ce qui s'y produit chaque jour.
Ce qui le distingue de la plupart des destinations de fjords, nommées d'après une ferme, une vallée ou un saint. Ce qui attire un bateau ici n'est ni un village ni un point de vue, mais un phénomène hydraulique, et le savoir avant d'arriver change ce que l'on cherche à voir lorsque les parois commencent à se refermer.
Pourquoi l'eau se déplace
Derrière le détroit se trouve une vaste étendue d'eau de fjord. Devant lui se trouve le reste de l'Osterfjord et, finalement, la mer ouverte. Deux fois par jour, la marée monte et descend, et toute l'eau qui doit se déplacer entre ces deux bassins est forcée de passer par un seul passage étroit.
Le résultat est un courant plutôt qu'une marée au sens ordinaire. Au lieu d'une montée lente le long du rivage, on observe un écoulement visible avec une texture en surface, qui va dans un sens pendant des heures puis dans l'autre. Par forte marée, cela ressemble à une rivière qui serait salée, ce qui est précisément ce que c'est.
Le fjord qui se rétrécit à l'approche de Mostraumen
Ce que l'on voit depuis le pont
L'approche fait l'essentiel du travail. Pendant une heure et demie, le fjord s'est progressivement rétréci et les parois sont devenues plus abruptes, puis, tout à coup, il y a un passage avec de la roche des deux côtés et de l'eau qui le traverse.
La surface est ce qui trahit tout. L'eau du fjord est généralement assez calme pour refléter les montagnes, et les invités photographient exactement cela à l'aller. Au détroit, elle cesse de refléter quoi que ce soit : elle ondule, bouillonne légèrement et charrie des débris, et le changement est évident depuis le bastingage, sans que personne ait besoin de le signaler.
Le passage lui-même
Un capitaine qui approche d'un rétrécissement soumis à la marée fait des calculs plutôt que du tourisme. Le courant a une direction et une force qui dépendent de l'état de la marée, et un navire qui entre dans un passage étroit veut connaître les deux avant de s'y engager.
C'est pourquoi l'approche semble délibérée. Le bateau ralentit, s'aligne et traverse avec intention, puis tourne dans les eaux plus larges au-delà. C'est un petit morceau de manœuvre nautique exécuté sous vos yeux, et c'est considérablement plus intéressant une fois que vous savez à quoi pense la personne sur la passerelle.
3h30
Le voyage aller-retour au départ de Bergen, dont environ la moitié est la course vers le détroit et l'autre moitié le retour sur le même fjord.
Ce qui vit dans l'eau en mouvement
Les rétrécissements de marée sont des endroits biologiquement très productifs, et pour une raison simple : l'eau en mouvement transporte de la nourriture. Tout ce qui peut se maintenir en position dans un courant est nourri en continu plutôt que de devoir chercher sa nourriture, donc les détroits comme celui-ci ont tendance à être riches en vie accrochée à la roche.
Cette richesse se répercute vers le haut. Les poissons se rassemblent là où se trouve la nourriture, et les oiseaux se rassemblent là où se trouvent les poissons, ce qui explique en partie pourquoi le rivage le long de ce fjord vaut le coup d'être observé pour les pygargues à queue blanche. Le détroit n'est pas un vide stérile dans la roche ; c'est l'eau la plus animée du parcours.
Pourquoi faire demi-tour plutôt que continuer
Parce que le détroit est le but, pas un obstacle sur le chemin d'un endroit meilleur. Au-delà, le fjord continue dans une région plus calme, et un voyage plus long échangerait la partie spectaculaire contre davantage de la partie ordinaire, tout en doublant la durée.
Trois heures et demie au départ de Bergen est une durée qui tient dans une journée. Atteindre le rétrécissement, voir le courant, et redescendre un fjord que l'on a déjà parcouru mais dans le sens opposé, forme un ensemble complet. Le trajet du retour semble réellement différent : la lumière tombe de l'autre côté et les parois que vous avez dépassées vous font maintenant face.
Le bateau peut-il toujours passer
Le passage dépend des conditions, comme tout passage dans un rétrécissement, et c'est une des raisons pour lesquelles l'approche du capitaine est sans hâte. Ce à quoi l'opérateur s'engage, c'est à naviguer toute l'année, quel que soit le temps que Bergen produit, ce qui, dans cette partie de la Norvège, est un engagement considérable.
En pratique, le fjord est une eau abritée et c'est un navire moderne conçu pour cette route, donc la sortie se déroule de manière fiable. Ce qui varie, c'est ce que vous voyez plutôt que le fait de partir : une forte marée donne plus de courant, et de fortes pluies récentes donnent plus de cascades sur le chemin de l'aller.
Il y a une raison de plus pour laquelle le rétrécissement mérite un peu d'attention avant de naviguer. La Norvège possède un grand nombre de ces détroits de marée le long de sa côte, certains assez célèbres pour avoir leurs propres prévisions météorologiques, et ils étaient des repères de navigation bien avant d'être des sites touristiques. Les communautés de part et d'autre d'un straum vivaient au rythme de son horaire, planifiant les traversées autour de la mer étale, et l'art de le lire est assez ancien pour précéder entièrement les moteurs. Regarder un catamaran moderne faire tranquillement ce que les bateaux ouverts faisaient prudemment autrefois est un petit morceau de continuité lors d'un après-midi par ailleurs très confortable.
